La musique extra-occidentale

Publié le par stephen0711

La musique extra-occidentale

I Un goût prononcé pour l’exotisme

Au 18ème, beaucoup d’ouvrages techniques étudient la musique extra-occidentale (surtout moyen-orientale). Haydn écrit dans le style Al Hongarese; se multiplient des marches turques, on veut imiter le populaire (cornemuses, chalumeaux).

Au 19ème, on veut faire vrai. Après Beethoven, l’exotisme est comme une issue (modes anciens et populaires), un retour aux sources, aux racines comme Chopin avec ses mazurkas. Il utilise un art universel et va y incorporer du populaire. Lizst aussi, mais se garde d’imiter car c’est un musicien occidental et cosmopolite.

II Quelques grandes école

L’école russe

Au milieu du 19ème, la Russie est politiquement puissante (régime impérialiste), a renversé napoléon. Culturellement influencée par la musique occidentale. Glinka (1804-1857) favorise les rythmes à 5 ou 7. Il est mal reçu dans son pays. Il s’exile et ne revient qu’en 1854 et est sacré par Dargoyjsky fondateur d’une dynastie, avec le groupe des 5 (dont Korsakov, Borodine, Balakirev ...). Ils sont autodidactes, avec un langage personnel. Balakirev est rapidement oublié, il écrivait lentement, très rigoureux.

Extrait : Scherzo la Kosaka. César [küi] va beaucoup s’occidentaliser.

Extrait : Romance sur un thème de Pouchkine.

Korsakov (1844 - 1908) a de hautes fonctions, et devient musicien professionnel; il devient alors beaucoup plus académique. Il a pour élève Glazounov, Sokolov ...

Extrait : ouverture de la grande Pâques Russe.

Pour l’esthétique, Korsakov et balakirev ont un sens aiguë de l’orchestration et aiment la mouvance tonale imprévue. Moussorgsky : sa santé mentale ne lui a pas permis d’aller très loin. Extrait : une nuit sur le mont Chauve (poème symphonique ou opéra ?)

Extrait : Glinka. Sextuor en mib. Finale à la polaka. La langage reste quand même assez conventionnel.

Extrait : Korsakov. Trio en utm de 1897. Premier mouvement. Þ influence occidentale très preignante.

L’école scandinave

La situation politique est différente. Indépendance plus ou moins acquise.

En Norvège, la musique populaire est vivace et les danses populaires sont souvent reprises en « musique savante ». En Finlande, Sibelus (1865 - 1957), de tradition littéraire et populaire : Kalevala est une épopée populaire qui va beaucoup l’inspirer. Ami de Busoni et admirateur de Beethoven « tout était contre lui et pourtant il a triomphé ». Sa conception de la polyphonie : « empiler des banalités les unes sur les autres ».

Au Danemark, Kuhlau écrit en 1824 l’opéra Loulou; il est dans la lignée de l’Allemagne. Niels Gade, est très proche de Mendelsohn. Karl Nielsen (1865 - 1931), dont les symphonies sont parallèles à celles de Sibelus. Mais aussi Ibsen, Björnson ...

Grieg est un miniaturiste, il aime les petites formes.

Extrait : petite pièce pour piano opus 12 n°1 de 1867, arietta.

Extrait : Niels Gade. 5ème symphonie en rém (avec piano). Quatrième mouvement. Assez révolutionnaire (Beethoven). Peu danois.

Extrait : Nielsen, ouverture rhapsodique, voyage imaginaires aux îles Farau.

L’école slave

Smetana est pianiste, compositeur, chef, critique, maître de chapelle. Son premier opéra : « la fiancée vendue ». Les rythmes sont populaires, les mélodies sont fraîches.

Extrait : 4ème tableau : par les prés et bois de bohème.

Il fonde en 1849 une école de musique privée. Aidé par Liszt. Son successeur, Dvoràk propose une oeuvre très vaste. Style en parfaite adéquation avec l’âme slave.

Extrait : stabat mater. Style encore très italianisant (1877), grand succès en Angleterre. En Hongrie, dès la fin du 18ème siècle, la musique prend son inspiration dans la musique populaire verpunkos : alternance sections lentes lassu, sections rapides friss qui provoquent ce verpunkos. la danse de ksarda est très en vogue. Fin 19ème danse magyarnoka est savante et populaire. Il est précédé par [Kodaille]. Par Bartok s’opère la synthèse entre technique occidentale et mélodie orientale. Toutes ses mélodies sont forgées à la ressemblance du mélos hongrois : il assimile et crée son propre mélos.

Extrait : Koday. Danse de Marosszek.

Extrait : Bartok. 2ème grotesque pour violon. Il choisit le chromatisme comme confusion entre ton et mode. Accords existants et dissimulés, M et m s’assimilent. Toutes ces innovations harmoniques proviennent directement d’une observation sur le terrain (folklore hongrois) ¹ Schoenberg.

Extrait : Bartok. Choeur de voix de femmes et d’enfants, issu du folklore.

Triomphe du rythme sec et nerveux, de l’accent, précision dans le staccato. Le piano est pour lui un instrument d’expérimentation, à l’origine de ses conceptions harmoniques. Il propose un ouvrage considérable en six volumes : Mikrokosmos. Dans sa troisième grande période, il maîtrise le folklore dans toute sa musique. Yanacek (1854 - 1928), audacieux harmoniste (langage 20ème). Sa déclamation se nourrit du chant populaire et se nourrit du caractère psalmodique.

Extrait : Taras Boulba.

Conclusion

Edvard Edgard, John Field, Felipe Pedrel, Granados, Albeniz, de Faya ... ce phénomène de conscience nationale a pour but de se libérer de cette triangulaire hégémonique Italie - France - Allemagne. On veut mettre en avant la culture, le langage. Cette quête identitaire se fait par l’usage d’image, motifs récurrents, cloches, scènes de foule, mélodies de cantiques, instruments locaux, rythme irréguliers, intervalles typiques. Le compositeur se ressource. Cette crise identitaire est portée par l’Homme du 19ème siècle.

Publicité

Publié dans MUSICOLOGIE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article