Le second Empire, Bizet, la musique de chambre

Publié le par stephen0711

Le Second Empire                     
Georges Bizet                                     
La musique de chambre


 

Le second Empire, 1852 - 1870

Le modèle de Napoléon I va habiter Louis Napoléon. Cet empire satisfait les non républicains, mais à la fin des années 60, l’agitation reprend. Il réinstallle une cours aux tuileries, la chapelle royale refonctionne. La première période est plus autoritaire : Flaubert, poursuivi pour Mme Bovary. Les années 60, plus libérales : 64, liberté des théâtres, période prospère, extension des commerces, gds magasins (le Bon Marché), réseau ferroviaire, facteurs instrumentaux se regroupent (industrialisation). Cette période se double d’une période de guerres extérieures importante (guerre fatale en 1870). La bourgeoisie est la classe dominante. Elle veut se divertir : opérette, café-théâtre. La démocratisation de l’art se renforce et on note aussi une résurgence légère de la musique religieuse:

1853 : Ecole de musique Classique et religieuse (Niedermeyer, initiative de Choron pendant la révolution)

1854 : Berlioz, l’enfance du christ.

1855 : ouverture du théâtre des Bouffe-Parisiens (opérette).

1855 : Berlioz, Te Deum. Gounod, messe solennelle de ste Cécile.

1858 : Construction de l’Eldorado (café-concert, bd de Strasbourg)

1861 : Concerts Populaires (Pasdeloup)

cette extension rapide correspond à un réel besoin de divertissement. C’est une reprise dûe au contexte politiqe mais aussi aux fortes personnalités (Liszt, Gounod). Wagner attire de plus en plus le public. Aussi c’est une grande époque pour Verdi.

1861 : Wagner, Tannhäuser à l’opéra de Paris

1866 : Offenbach, la vie parisienne

1869 : Wagner, Rienzi (théâtre lyrique), oeuvre la plus meyerberienne de Wagner.

Les influences étrangères s’installent mieux en France que dans les époques précédentes (influence allemande). C’est une période de réaction contre un certain romantisme (Hugo, exilé; Courbet expose; scandale du déjeuner sur l’herbe de Manet). Les années 50, 70 sont charnières entre deux romantismes, c’est une période de quête qui n’est pas esthétiquement très claire. La période du grand théâtre italien existe toujours, mais ne se renouvelle pas (théâtre des dilletanti = des connaisseurs), bien qu’aussi chic que le grand opéra.

1870 : début de reconnaissance de balet avec Coppelia de Delibes.

Bizet (Paris, 1838 - Bougival, 1875)

Fils d’un prof de chant, neveu de Delsarte (grand prof de chant du 19ème).

1848 : au Conservatoire, élève de Benoist, Halévy (il épousera sa fille), Marmontel, Zimmermann (grâce à lui, il lie d’amitié avec Gounod), bon pianiste.

1855 : première symphonie en ut (quatre mvts) (plus réussie que celle de Gounod)

Extrait : début de la symphonie, allegro vivo. Grande vivacité du langage, netteté du trait relevant plus du talent inné que de l’étude ... ce qui séduira Nietsczhe (au dépourvu de Wagner). Netteté ¹ des « brumes wagnériennes selon Cocteau.

On observe un retour de la symphonie classique ¹ symphonie fantastique

1857 : premier grand prix de Rome de composition. Le docteur Miracle (Battu, Halévy; opérette; BP). Offenbach lance un concour d’opérette : Le Cocq et Bizet gagnent.

1858 : Te deum. Bizet n’est pas très inspiré par la musique religieuse, il n’a pas le tempérament mystique de Gounod.

1859 : Don Procopio (Cambiaggio, opéra bouffe)

1863 : Les pêcheurs de perles (Carré, Cormon, Théâtre Lyrique)

1866 : La jolie de Perth (St Georges, Adenis; Théâtre L); Adieux de l’hôtesse arabe (Hugo, mélodie). L’exotisme est un choix pour Bizet, il y réussit bien.

1868 : symphonie Roma (ou suite symphonique); variations chromatiques pour piano.

1869 : mariage avec Geneviève Halévy (qui épousera plus tard Emile Strauss), qui ouvrira un salon au nom de Geneviève Strauss.

1871 : Djamileh (Gallet; OC); Jeux d’enfants pour piano à quatre mains (petite suite pour orchestre).

Extrait : n°10, saute-moutons, n°11, petit mari, petite femme, n°12, le bal, jeux d’enfants.

1871 : chef des choeurs (O), puis chef de chant (OC)

1872 : Suites tirées de l’Arlésienne (Daudet), musique de scène que Bizet a tiré pour le drame de Daudet.

Extrait : début de la première suite, prélude. Utilisation du saxophone, recherche des couleurs de timbre.

1875 : Carmen (Meilhac, Halévy; OC) « c’est une opérette qui finit mal » selon Bizet. Carmen fonde un type de réalisme plus fort que Faust. Les dialogues parlés seront mis en  musique (peut-êtres contestables). Coexiste postromantisme (à tendance germanique) et réalisme (peut-être inspiré du vérisme italien. Bizet va en tout cas imposer ces couleurs de l’exotisme.

En conclusion, Bizet a le talent pour la netteté du trait mélodique et rythmique. Mais il y a aussi l’exotisme, aux antipodes des brumes wagnériennes, moins chargé, sans pour autant dire que son écriture soit simple.


 

La musique de chambre

1871 : Société Nationale de la musique : Société de musique de chambre, véritable terrain d’émulation pour les compositeurs de musique de chambre. Le répertoire va changer de statut : évolution des compositeurs et du public. Avant les années 50, aucune oeuvre ne s’impose au répertoire à part Cherubini (6 quatuors, 1814, 1834-37). Un des précurseurs, Georges Onslow (35 quintettes avec 2 vlc, et 36 quatuors) ... mais aucune célébrité car n’habitant pas à Paris.

Extrait : quintette opus 78 n°1

Lalo, altiste. Peu de partitions mais de très belles. 1859-87 : quatuor en Mib opus 45. Mais le véritable initiateur, c’est St Saëns, ami de Liszt.

1872 : première sonate pour vlc et piano en do opus 32

1875 : quatuor pour piano et cordes en Sib opus 41

Extrait : début.

1876 : Fauré, première sonate pour vl et piano en La opus 13. Extrait. Premier quatuor pour piano, vl, alto et vlc en do opus 15. Beaucoup plus de souplesse mélodique et rythmique chez Fauré que chez st Saëns. Mais les bases du langage sont exactement les même.

1878 : élève de Franck, d’Indy, quatuor pour piano et cordes en la opus 7.

1879 : Franck, quintette pour piano et cordes en fa.

1886 : Franck, sonate pour vl et piano en La

1890 : Franck, quatuor à cordes en Ré. Extrait.

1893 : Debussy, quatuor en sol

1899 : Chausson, élève de d’Indy, quatuor en do opus 35

Þ c’est le quatuor de Franck qui va lancer le genre en France véritablement. La musique pour vent et piano revient à la fin du siècle (Gounod). Le quatuor est un genre qui fait peur. A l’extrême fin de siècle, utilisation des procédés cycliques (Franck). Influence des genres anciens, très peu de musique descriptive. L’esthétique changera dans les années 70, et le statut aussi changera (concerts), on passera d’un art d’amateurs à une activité de professionnels.

Publicité

Publié dans MUSICOLOGIE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
La musique de chambre est au XXIe siècle un genre très apprécié, c'est difficile d'imaginer à quel point il a du mal à s'imposer et à être reconnu dans le monde professionnel.
Répondre