La Restauration, Auber, Introduction à l'histoire de l'opérette dans la France du XIXème siècle

Publié le par stephen0711

La Restauration                           
Auber                                 
 
Introduction à l’histoire de l’opérette dans la France du 19ème siècle


 

La Restauration (1815-1830) est-elle en France une période d’essor musicale ?

C’est le retour des Bourbons (monarchie) avec Louis XVIII (1814-24), Charles X (1824-30). Ce n’est pas une période libérale : censures nbeuses. La monarchie anglaise est plus libre (libre échange industriel), première puissance industrielle. Cet essor industriel commence en France vers 1820. En France, les ¾ de la population est paysanne, 20% de la population parisienne est bourgeoise. Place de la musique savante : une toute petite fraction de la population française. Montée progressive de la gauche républicaine. Même si retour de la monarchie, les choses ne sont plus comme avant : agitation substantielle, mouvements libertaires (en Grèce, 1822-1827). Nostalgie de l’époque de Napoléon, espoirs de liberté, expliquant les élans romantiques. Þ agitation, bouillonnement politique entre Républicains, Monarchistes et Napoléoniens.

La Restauration poursuit le travail du Premier Empire.

La présence des italiens se renforce : 1816 : le Barbier de Séville; 1823 : arrivée de Rossini à Paris. Ce dernier va influencer les musiciens français (dans le traitement de l’orchestre) : Auber, Hérold. L’OC poursuit son développement (Méhul, Boieldieu). Avec Auber et Boieldieu, l’OC va marquer l’esthétique de toute la musique européenne. Essor de la facture instrumentale : exemple du piano : fin du pianoforte, Pleyel (1809), Pape (1815), Erard (1822, double échappement), Lizst (arrive à Paris en 1823). Ce n’est pas encore l’époque des grandes oeuvres pianistiques françaises. Création en 1828 de la Société des Concerts du Conservatoire. Le développement de la Chapelle Impériale se poursuit en tant que Chapelle Royale. Cherubini la codirige avec Le Sueur.

La Restauration est considérée comme la période préromantique.

Depuis la révolution, l’artiste n’est plus au service des mécènes. Le créateur est isolé (Berlioz, pas sous la Restauration), saisi par le désespoir et la mélancolie. Rêve de grandeur et d’épopée de l’époque de Napoléon. ® symptômes du préromantisme musical. La romance se dramatise (le Lac, Niedermeyer, 1825). Formation du Grand Opéra Historique (Robert le Diable, Meyerber, 1831), avec avant, Spontini, puis dans les années 20, Rossini (Guillaume Tell, 1828, déjà GOH avant Meyerber), Auber. Le développement de l’influence de Gluck (force dramatique et cohérence) se poursuite avec Berlioz. En peinture, 1819, le Radeau de la Méduse (Géricault); en littérature, 1820, Méditations Poétiques (Lamartine). Il existe une volonté typiquement française de s’affranchir du classicisme. En musique, il n’y a par d’équivalent de la Préface de Cromwell (Hugo), du Radeau de la Méduse.

Conclusion.

Ces années prolongent tout autant l’empire qu’elles annoncent la monarchie de Juillet. Mis à part l’opéra, les intentions romantiques sont limitées (Chérubini, style conservateur dans la musique religieuse), voire freinées (Chérubini).

 

 

 

 

Esprit AUBER (Caen, 1782 - Paris, 1871)

Musicien qui s’est surtout illustré dans l’OC mais qu’il n’a pas vraiment dépassé. Elève de Ladurner, puis de Cherubini.

 

1793-1800 : romances, sonate pour piano, musique de chambre, une messe en 1812. Période peu connue.

1802-1803 : séjour à Londres, sa famille le destine au commerce. Ce voyage ne l’a pas aidé musicalement.

1805 : premier OC. Il écrira des OC jusqu’en 1869. Rêve d’amour.

1823-1861 : collaboration avec le plus grand livrettiste de l’époque, Scribe (autant pour l’oc que pour l’opéra séria). 1823 : Lercester, première collaboration. Dans le domaine du Grand Opéra : 1828, la Muette de Portici (Scribe et Delavigne) ® grand succès.

1830 : Fra Diavolo (Scribe) OC

1833 : Gustave III ou le Bal Masqué (Scribe) OC

1835 : le Cheval de Bronze (Scribe) OC

1837 : le Domino Noir (Scribe) OC

1842-1870 : il succède à Cherubini, directeur du Conservatoire (déjà élu à l’Académie des beaux-arts en 1829). C’est un artiste très officiel, malgré une timidité légendaire (il n’a jamais dirigé ses oeuvres).

1856 : Manon Lescaut (Scribe) OC

 

Fra Diavolo, 1830. (Au départ, l’Auberge de Terracine). Livret de Scribe, OC en italien, se répand dans le monde avec des récitatifs chantés (¹ privilège du Grand Opéra). En trois actes, traduit entièrement en italien, où les passages parlés sont mis en musique, et introduction de morceaux favoris des chanteurs (aria baolo). La dimension un peu fantastique va plaire (diabolique !). Pérégrinations du bandit Fra Diavolo, perturbant une histoire d’amour.

Extrait : Ouverture. A caractère militaire.

Extrait : Début du 2ème acte. Zerline est seule dans l’auberge. « O son sola »

® air qui n’était pas dans la représentation de 1830, mais représentatif de l’esthétique de l’oc à cette période. La virtuosité existe, mais elle est contenue. La phrase française respecte la carrure, le parcours tonal n’est pas celui de Berlioz.

 

Avec Auber, on tient le musicien le plus représentatif de l’esthétique du temps. L’écart stylistique se fait avec Berlioz, il est maximum, et ne répond pas aux attentes du public. Mais c’est Berlioz qui rentrera dans les mémoires.


 

Introduction à l’histoire de l’opérette.

Le terme n’a pas été constamment rappliqué au genre connu. Au départ, c’est une petite oeuvre, un petit opéra. Naît vers 1850, l’apparition réédite ce qui s’est passé avec l’oc. L’opérette est parodique et franchement comique. On verra souvent l’appellation d’opéra bouffe.

Un père de l’opérette, Hervé (1822-1895)

Dans les années 40, organiste à l’hôpital de Bicêtre : premiers essais dans les asiles. En 1869, le Petit Faust (Crémieux et Jaime, OB), au moment de la représentation du Faust de Gounod au Grand Opéra. L’ouverture s’inspire de la valse (parodie de la valse de Faust).

Extrait : arrivée de Méphisto (qui est une femme !), au moment de dialogues parlés.

® Parodie des univers fantastiques.

Un autre père, Offenbach (1819-1880).

Dans les années 55. Allemand, musicien à la Comédie Française (violoncelle), chef d’orchestre. Il ouvre un théâtre dédié à l’opérette.

1858 : Orphée aux Enfers. Succès. (Le fameux duo de la Mouche)

1866 : la Vie Parisienne

1864 : la Belle Héléne

1867 : la Grande Duchesse de Gérolstein.

Le cancan : danse née dans les bals de rue, populaires, venant du galop de quadrille danse acrobatique. Dans les années 70, l’opérette se raffine, et perd ses intentions parodiques (comique verbal), avec Charles Lecoq (1872, la Fille de Mme Angot), et Messager (1878, Véronique, c’est totalement un oc), Chabrier (le plus travaillé, 1877, l’Etoile), Audran (1880, la Mascotte), Ganne (1899, les Saltimbanques).

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Publié dans MUSICOLOGIE

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