Les monstres du lied romantique allemand

Publié le par stephen0711

Les Monstres du Lied romantique Allemand

Franz Schubert

D’un milieu cultivé. Fréquente le peintre von Schwird, le poète Mayofen. Très attaché à la notion d’amitié ® « shubertiades ». Pour lui, le voyage est un voyage statique, intérieur, celui de l’âme.

Sources poétiques

Schiller (40 lieder), Goethe (70) dont le Faust, Mignon, Wilhem Meister, Walter Scott, Müller (la belle Meunière, le voyage d’hiver), Heiner (qui découvre à la fin de sa vie). 1823 : il apprend qu’il a la syphilis. Tournant de sa vie. Le choix des poèmes est instinctif, c’est un coup de coeur. Le texte est un prétexte, la musique se calque dessus. Il fait rarement du mot à mot. C’est un mélodiste, on lui a reproché de faire des fontes de prosodie. Le piano est un commentateur et enrichit le discours. Il privilégie la forme durchkomponiert, forme strophique, strophique variée, peu de tripartite. Au début de ses lieder (~ 1815), la forme strophique fleurit. 1817 : l’atmosphère est différente. Lied « la jeune fille et la mort » (texte de Mathias Claudius) (plus tard le quatuor en 1814). Rém, rythme dactylique. Un postlude réplique à un prélude : victoire de la mort.

Caractéristiques d’écriture

Modulation à la tierce, au ton napolitain ... ces modulation ne sont pas préparées (renforcement dramatique). Opposition m/M où le M peut-être plus déchirant que le m (M = espèce de surmineur). Très courants, les accords plaqués répétés en triolets, mouvements de double-croches, souvent par 6  : fluidité ou au contraire, le statisme, piétinement sur place.

Extrait : la belle meunière. 5ème pièce. Importance du Stimmung.

Publication

Deux 1ers lieds publiés : « le roi des Aulnes » et « Marguerite Orouet » (inspiré de Faust de Goethe) : découvre l’amour et son pouvoir aliénant. Trois plan de récitation : le récitant, basses fixes, le rouet (partie haute du piano). « Le roi des Aulnes » : image du roi, plastique de l’âme. Au piano est figuré le galop du cheval. Les personnages : le roi-père rassurant (4te), le fils affolé (2dne), le récitant, la Mort aguichante. Père et fils : style récitatif arioso. Mort : style aria, plus mélodique. ® 8 strophes : le narrateur commence sibM, solm. Le père, en solm puis en doM (côté rassurant). Fils, reprend en dom. Près en sibM puis le roi en sibM. Narrateur en labM et solm.

Les cycles

1823 - 1825 : « la belle meunière ». Sensibilité proche de Novalis de Kleist, des lieder qui reflètent le volkston. Plusieurs symboles se côtoient : couleur verte (eau), écoulement du temps (eau), reflet, miroir (eau), amour maternel, mort. Lien inévitable entre amour et mort. 20 lieder dont 8 populaires car strophiques. Logique des lieder : 1®3, le décor est planté, 4®12, rêve d’amour du meunier, 13®17 arrivée du rival, 18®20 épilogue tragique. Le lied 12 est le pivot de l’histoire, tonalement aussi. SibM pour 1, solM pour 2, doM pour 3. 4, 5, 6, solM, lam, siM = tonalité en  # = amour. 7, 8, 9, 10, 11 : laM, doM, laM pour les deux, réM, sibM (comme si tout était dit). 13 en sibm, 14 en dom 15 en solm. 16 et 17 : « la belle couleur » en sim, le 17, son contraire en siM.on finit au 20 en miM : rapport dissonant de triton : échec de l’amour.

Extrait : « Das Wandern ». Accompagnement et mélodie typiques du volkston.

1827 - 1828 : « le voyage d’hiver ». Encore sur du Müller. 1827 : mort de Beethoven. Sous le signe du voyage, le désespoir s’approfondit. ® 24 lieder. Climat hivernal, désolé. Les tonalités mineurs dominent. Oeuvre rétrospective qui évoquent les amours passées. On peut y trouver des formes ABA’ (n°15, la Corneille).

1828 : « le chant des cygnes », 14 lieder. Voyage, éloignement, perte de l’objet aimé chez Reichstadt : chez Heiner, pessimisme, ironie grinçante. Voix en récitatif, nudité, piano en ostinato. N°1 : pièce hachée, trouée de silences, longues appoggiatures.

Conclusion

Grosse production, mais pas de réelle évolution. Courbe littéraire de Goethe à Heiner. Dès le premier lied, Schubert est déjà du grand Schubert.

Schumann

« Ce qui me plait dans le romantisme, c’est qu’il permet au musicien d’être aussi poète ». Grand attachement à la littérature, au texte : Richter, Hoffmann. En musique : Bach, Beethoven. Deux grandes périodes pour le lied : 1840, 1849. Il a été traumatisé par la mort de ses proches.

Les poètes

Il prend le relais de Schubert avec Heiner (40 lied mélange de pudeur et d’humour, sort e de double littérature). « Avec mes grandes douleurs, je fais de petites chansons ». Aussi, Eichendorff (interrogation métaphysique) qui inspirera aussi Brahms et Wolf. Goethe (17 lieder), Lenau, Geible (chansons populaires espagnoles traduites en allemand), Chamisso (pour un des cycles).

L’esthétique

C’est l’homme du fragment, du stucke, de l’instant musical. Les cycles sont un bon terrain d’expérience pour exploiter cette cyclothymie des humeurs. Ecriture parallèle ou antinomique. Attentif au texte, il ne fait ni figuralisme ni mot à mot. Il aime le durchkomponiert, la forme AAB (héritée du MA), forme rondo. Mélodie conjointe et segmentation régulière. Le rôle du piano est capitale, « c’est moi », incarne le non-dit, parfois plus signifiant que le texte énoncé.

Les cycles

·      Opus 24, opus 25 (présence labM, tonalité de l’amour). Extrait : « lied de la fiancée » sur un texte de Rückert, très simple.

·      Opus 35; 12 poèmes, c’est plus un recueil.

·      Opus 36, 37 en 1840

·      Opus 39, 12 lieder d’Eisendorff sous le signe de la nature.

·      Opus 42 « la vie et l’amour d’une femme » sur huit lieder de Chamisso, 11-12 juillet 1840. Cycle féminin, naissance de l’amour, son abnégation, vie de mère et de veuve. Thème du rêve et des larmes. Plusieurs formes : strophique simple (1), rondo (2, 4, 5), da capo (6), strophique varié (3, 7), durchkomponiert (8). Thème de Clara en doM dans le n°6.

·      Opus 48 : « les amours du poète », 16 lieder sur du Heiner, 24 - 31 1840. D’autres thèmes : naissance de l’amour, éloignement de l’aimé, trahison, désespoir. N°13 = deuil funèbre, aussi le 16.

Conclusion

Grande expression du Moi. Quand il n’y a pas la voix, c’est le piano qui se charge de l’expression la plus intense. Schumann choisit ses textes en intellectuel, il préfère l’instant, le fragment, la brièveté en musique. Le lied est une façon d’approcher le bonheur de plus près. Pour Schumann et Schubert il s’agit d’un amour malheureux.

Mendelsohnn

1830 - 1840 : écrit beaucoup de lieder « je suis un allemand de cour et je dois le rester ». il exprime sa nationalité. Seconde école de Berlin : lieder populaire et simple. Emotion retenue et strophisme. A distance des grands poètes.

Brahms

Cultivé mais perplexe devant la poésie : Tieck, Eisendorff ... quatre chants sérieux (d’après les Ecriture), 11 chorals pour orgue (métaphysique et parareligieux). Homme de méditation étranger au fantastique. Elargit la forme strophique, plus rhapsodique. Piano très schumanien, plus chargé basse très solide. Opus 53 : contralto avec accompagnement par un orchestre. « Altrhapsodie ».

Conclusion

Après l’héritage de Schubert, la production de Schumann et des monstres, va éclipser toute une génération de compositeurs. Le chemin du lied se sépare : héritage du populaire (Schubert, seconde école de Berlin), lied plus savant, introspectif, près du texte (lignée de Schumann). L’essentiel est dit à la mort de Schumann en matière de lied romantique allemand. 

Publicité

Publié dans MUSICOLOGIE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article