Musique du Moyen-Âge

Publié le par stephen0711

Programme

·      



Chant grégorien, mélodies liturgiques, mise par écrit de la musique

·       Période après la réforme carolingienne, nouveaux répertoires.

·       Polyphonie de l’école de Notre-Dame (13ème siècle)

·       Musique profane

·       Fin 14ème, l’ars substituor

·       Deux compositeurs : Gilles Balchois, Dufaille

 

Les débuts de cette musique ne commencent pas avec les premiers écrits de la musique (9ème). Avant il y a des traités de théorie : liaison entre la théorie Antique et celle du MA faite par des théoriciens :

 

Boèce : philosophe romain du 6ème siècle :

            - De Musica (gammes, intervalles ...) mais il ne transmet aucune mélodie. Il est ancré dans la pensée antique.

            - La consolation de la philosophie (fin de sa vie), emprisonné, il médite sur le sens de la vie. Un homme, incarnation de la philo, le console. A cheval sur l’Antiquité et la Chrétienté ® langage ambiguë. C’est au 8ème siècle qu’on trouve les premiers traités qui mettent en liaison théorie et pratique.

 

Hucbald de Saint Amand : apparition des références de chants liturgiques complets dans ses traités théoriques : « le mode X est comme dans telle ou telle mélodie ... »

 

Aurélien de Réomé : Musica Disciplina : traité destiné aux chanteurs habitués à apprendre la musique par transmission orale : chantres qui ont quelques notions. Ceci dans un cadre liturgique.

Le chant grégorien et liturgie médiévale

Concept de liturgie :

            - organisation du temps

            - écriture, livres liturgiques

Musique :

            - modalité

            - écriture, notations musicales

Situation de l’Europe au moment où Charlemagne devient empereur (25 décembre 800).

Charlemagne est à la tête d’un très grand empire, mais la communication est très faible. La religion est un moyen d’unification du territoire, surtout les offices, la liturgie. Charlemagne réfléchit sur l’écriture, et la liturgie par deux moyens :

            - écriture

            - envoi de chantres missionnaires

Il va cependant prendre une ville comme modèle : Rome. Il cherche les chantres à Rome et les ramène en Gaulle. L’apprentissage se fait sans usage de livre, c’est très long ! D’où la recherche d’un premier moyen de notation musicale, c’est d’ailleurs plus un aide-mémoire qu’un livre d’apprentissage véritable.

Le temps dans la liturgie

C’est un temps cyclique, de trois ans, plus les cycles hebdomadaires et journaliers. Le temps se mesure selon la journée romaine : h jours ¹ h nuits. C’est un système relatif, inventé par les hommes. Même chose dans la liturgie, pour l’articulation des offices.

 

 

Une année liturgique articulée selon les fêtes

·       Le temps de Noël:

            - début de l’avent : quatre semaines avant Noël.

            - Noël

            - Epiphanie (6 janvier)

·       Le temps ordinaires :

            - les dimanches jusqu’au début du Carême

            - le Carême : 40 jours avant Pâques

·       Le temps de l’avent :

            - Pâques

            - Ascension, Pentecôte ... périodes suivant la résurrection de Jésus.

·       Dimanches du temps ordinaire

 

Il s’agit des fêtes qui célèbrent la vie de Jésus. Il existe aussi le système célébrant les saints. Il existe alors deux cycles parallèles.

Le cycle de trois ans

Pour chaque messe, on lit office + évangile, c’est très long ! c’est au long de trois ans qu’on a le temps de lire tous ces textes pendant la messe.

Þ différentes strates dans les offices.

Le cycle hebdomadaire

L’office est quotidienne, 150 psaumes doivent être chantés en une semaine : 7 à 8h de prière dans les offices par jour.

Le cycle journalier

Un certain nombre d’offices par jour.

            - les matines

            - les laudes

            - « petites heures » (6h du matériel’) :

                        ~ prime

                        ~ tierce

                        ~ sexte

                        ~ none

            - les vespres (17-18h)

            - les complies

Dans l’office médiévale, il n’y a pas de messe basse (parlée), il n’y a que des messes chantées.

La Messe

On distingue les textes propres (les textes changent) de la messe et les textes de l’ordinaire.

PROPRE

ORDINAIRE

Introït (avant le Kyrie)

 

Kyrie

Graduel (après les lectures)

 

Gloria

Alléluia (précède l’évangile)

 

Credo

Offertoire (pendant la procession des offrandes)

 

Sanctus

Communion (pendant la communion)

Benedictus

 

 

Agnus dei

 

 

Graduel : contient uniquement les chants de la messe.

Missel : contient tout ce qui doit être dit au sein d’une messe, avec les pièces chantées du propre et de l’ordinaire.

Bréviaire : contient tout ce qui doit être dit pendant l’office.

Antiphonaire : contient uniquement les chants de l’office. Il n’y a ni lecture, ni psaumes.

 

Antienne et Répons sont les deux formes principales de la musique liturgique. Antienne sert de refrain. C’est un verset dans le texte du psaume que l’on choisit de chanter au début et à la fin. Le psaume est chantée de façon antiphonée : en deux groupes. Le répons :

            - chant chanté par tout le choeur ensemble

            - verset chanté par un soliste. C’est là où on a la musique la plus virtuose, la plus ornementée, interprétée par le chantre.

Extrait : Alléluia de Pâques. Répons.

 

La réforme du chant grégorien a supplanté à toutes les liturgies locales, à une époque où aucune notation n’existait pour conserver les tradition, les répertoires locaux. Il y a aura de nombreuses résistances au chant grégorien, les liturgies locales seront conservées parfois. La liturgie en Gaulle dite gallicane est très ¹ du chant romain (dit chant vieux romain). Au 9ème siècle, rencontre de ces deux répertoire, et s’opère une sorte de synthèse. Le chant grégorien est une sorte de synthèse entre les deux répertoires. Ailleurs, à Milan, chant ambrosien, dans le sud de l’Italie, chant bénérontain, en Espagne, chant hispanique.

Extrait : chant provinciale. Antienne en grec, ensemble en latin, puis antienne en grec et en latin.

 

Extrait : chant vieux romain, d’après les manuscrits de Rome, avant cette rencontre avec le nord. Alléluia de Pâques.

La mélodie différent chant grégorien est beaucoup plus ornementée et mieux organisée.

 

Tirées du Graduel Triplex. Photocopies de la messe de Pâques. L’introït s’appelle resurexi. Ensuite le graduel qui est un typique répons.

Extrait : Alleluia de Pâques

 

Tableau théorique de l’octoechos (= 8voix). Système modal que les carolingiens ont pris chez les orientaux. Ils ont pris juste les noms. En fait, il y a quatre modes, ou quatre notes finales : ré, mi, fa, sol. On compose avec un certain vocabulaire de formules mélodiques.

            Ex : Antiphona (forme musicale) ad introïtum IV (usage dans la liturgie)

            IV ® 4ème mode = mode de mi.

 

            Ex : en ré, il y a deux modes. Les mélodies se terminent toutes par un ré mais utilisent deux schémas mélodiques différents : 1er mode, 2ème mode. Les modes musicaux ne sont rien d’autres qu’une manière de mémoriser la musique. A la place de la notion de dominante, on parle de la note sur laquelle sera chanté le psaume. C’est la teneur sur laquelle on récite un psaume. ¹ la teneur, voix grave dans une polyphonie.

 

Portée de quatre lignes : l’ambitus n’est pas si grand, on n’utilise donc pas cinq lignes. La notation est carrée. Les Neumes sont situés dans l’espace, de part et d’autre de la portée. Ce système musical ne s’occupe pas de la hauteur des notes. Les neumes sont plus orientés vers le rythme, vers les ornements. Comment articuler le chant dans le temps Þ notation neumatique.

Le répertoire est mis par écrit, la notation musicale émerge, la possibilité de composer arrive. Il y a le vieux fond, mais aussi un nouveau répertoire (9ème ca.) qui passe par l’écrit : le répertoire des tropes et des séquences.

Les tropes

Soit une mélodie grégorienne. Certains moments ou syllabes sont accompagnés par une seule notes, par un ornement. Il est difficile de mémoriser les ornements et la mélodie. « Immolàtus » (p197-198). Pour l’apprendre et les transmettre, les maîtres se mettent à écrire un texte sur chaque note de grande vocalise : chaque syllabe reçoit une note d’une vocalise déjà existante. C’est une nouvelle composition poétique qui vient supporter une mélodie très ornée.

On se met à mettre des tropes partout, et même dans la nouvelle musique : la mélodie grégorienne commence à se décomposer. Le texte du jour est agrémenté d’un trope d’introduction. Dans la mélodie, on peut distinguer les tropes car ils sont chantés par un soliste. Le concile de 30 a interdit l’usga des tropes et des séquences pour deux raisons : le texte des tropes n’étaient plus tirés de la Bible et il y avait un problème au niveau de la durée dans pièces.

Les séquences

C’est un type de trope, rattaché à l’alleluia. Le vocabulaire rattaché à l’alleluia est agrémenté d’un verset ou deux : sorte de forme symétrique strophique : deux versets d’un texte sur une mélodie qui se répète, AA, BB, CC, DD ... la vocalise de l’alleluia n’est qu’un point de départ. ® cf p198 seq.I

 


La polyphonie (jusqu’à la fin du 13ème siècle)

Après le 13ème siècle, on distinguera :

            - Ars Antiqua : période jusqu’à la fin du 13ème siècle, terme donné par les contemporains du 14ème.

            - Ars Nova : nouveaux traités.

Ce la ne veut pas dire que la polyphonie existe depuis le 9ème siècle. C’est une pratique déjà existante selon les traités de l’époque. Ces traités étudient les techniques d’ornementation et de réalisation d’une deuxième voix.

Musica Enchiriadis, Micrologus (1025-26, Guy d’Arezzo) sont des traités importants.

 

Le premier traite de la polyphonie mais seulement au dernier chapitre. Les systèmes des gammes et des modes sont d’abord expliqués. « On peut chanter en 4te ou en 5te parallèles ». Il y a deux types de polyphonies :

            - chant en intervalles parallèles à partir de la voix du chant grégorien (vox principalis = VP). Il s’agit d’une hétérophonie, la voix est juste doublée (par une vox organalis = VO) à la 4te inf., à l’8ve inf., à l’8ve sup. Par exemple.

            - le traité parle aussi d’une polyphonie uniquement à deux voix. La deuxième voix, organale, est vraiment une autre mélodie, chantable presque séparément. L’auteur donne alors quelques règles : « commencer et terminer à l’unisson », « ne pas dépasser la 4te (3ceM, 2ndeM) ». notions de dissonance ¹ : la tierce mineure est considérée seulement en NP. Le triton est strictement interdit, pourtant difficile à éviter.

 

Dans Micrologus, on parle aussi de la polyphonie. Tendance très pédagogique : portées en couleurs, techniques de la solmisation, de l’hexacorde. Pour lui, le mode est la manière la plus facile d’aborder la mélodie : la note finale détermine le mode. Les règles de traitement sont identiques : les possibilités d’accompagnement sont en somme très limitées. La VO est inf. A VP, c’est une voix en dessous de la VP. Mais les voix peuvent être croisées (respecter les règles), mais c’est un traitement note contre note. Il parle aussi d’une possibilité d’embellir les cadences : occursus : rencontre des deux voix à la fin. VO a deux notes contre une note pour la cadence finale et terminer à l’unisson. Il respecte les habitudes de la région tout en admettant ce qui existe ailleurs.

 

Extraits :

            - mélodie grégorienne, embellie par une polyphonie qui est un bourdon : une note tenue autour de laquelle tourne une mélodie : organum suspendu). « Vox in cama »

            - polyphonie à deux mélodies distinctes mais la VP est chantée par plus de gens. Graduel de la messe de l’épiphanie « Omnes de Sabbat ».

 

C’est le répertoire du soliste qui est mis en polyphonie, lors d’un verset de répons, très orné, qui veut être mis en valeur. Le répons se fait à l’unisson, le verset est accompagné. Tout ce qui est nouveau, orné, complexe, est attribué au soliste et non au choeur.

 

Manuscrits, sources où on peut trouver cette musique (fin 10ème, début 11ème) :

            - Cambridge Corpus Christi Collegium n° 473

            - Chartres Bibliothèque municipale, n° 109

 

La polyphonie ne peut s’écrire, du fait du niveau de l’écriture. Elle se fait par tradition orale. Au 12ème, grâce à la portée musicales, on peut écrire la polyphonie. On distingue deux types de polyphonie :

            - voix grégorienne + composer une nouvelle mélodie très ornementée sur chaque note de la VP = Organum. On parle de style mélismatique.

            - Discantus : polyphonie note contre note. Ecole de St Martial à Limoges, et à St Jacques de Compostel.

C’est l’endroit de nbeux pèlerinages. Dans ces lieux sont composés de nouvelles mélodies à deux voix. Cela vient de la culture des tropes (nouvelles pièces monodiques). Avec la portée musicale, on compose un nouveau répertoire polyphonique.

 

 

Deux types de formes musicales :

            - un Conduit, ou conductus. Polyphonie note contre note, discantus à deux voix.

            - un Versus, regroupant toutes sortes de musiques ¹. L’appellation est poétique. L’auteur se réfère à l’idée qu’il a écrit un nouveau texte poétique, le traitement musicale est secondaire. La voix organale peut-être au dessus.

Toutes ces polyphonies sont écrites en partitions, car le rythme n’est pas mesuré (¹ 13ème, parties écrites séparément), il est totalement libre. Il y a quand même une tendance à écrire verticalement, et il faut de toute manière les consonances de l’époque : 8ve, 5te, 4te, unisson.

 

Manuscrit de St Jacques de Compostel, Codex Calixtinus :

            - Annua Gaudia : conduit strophique, deux nouvelles mélodies non issues de la liturgie. Trois versets plus un refrain « Organa Dulcia ». C’est presque note contre note.

            - Rex Immense : mise en polyphonie d’une pièce très complexe. Mélodie de l’ordinaire de la messe « Kyrie Eleison  ... bla bla bla ... eleison ». c’est un trope classique au sens propre du nom. D’abord on a tropé le texte, puis on y a mis une nouvelle mélodie.

            - Benedicamus : très grand mélisme dans la voix supérieure : Organum.

 

Extrait : « Rex Immense »


Le répertoire musical est composé avec l’idée qu’on puisse le mettre par écrit. On ne se concentre plus sur la transmission mais plus sur la création. Au 13ème siècle, il y a une obsession de mesurer la durée : début les organisations claires du rythme, même si le rythme demeure toujours non mesuré. Au même moment, l’intellectuel médiéval invente l’horloge mécanique : interrogation sur l’idée de quantifier le temps. En plus, il y a une affirmation des villes, la population urbaine se développe, se spécialisant dans d’autres activités que celles de la terre : commerce, artisanat.

L’école de Notre-Dame de Paris (deuxième moitié du 12ème siècle)

Concentrée autour de la cathédrale, véritable intermédiaire entre la terre et le ciel. On commence à avoir des polyphonies à trois ou quatre voix sur une mélodie grégorienne de départ (donc chantées beaucoup plus lentement). La musique est crée pur bien sonner dans ce type d’acoustique (architecture, haut plafond, réverbération).

Trois types de formes musicales :

            - Organum

            - Conductus

            - Motet (forme plus tardive), très différente, allant vers la musique profane.

Organum

L’idée du chantre professionnel est déjà bien présente à l’époque. On commence d’ailleurs à connaître les premiers noms des compositeurs, des auteurs des traités : Léonin, Pérotin évoqués dans un traité anonyme à propos de l’école de ND (dit Anonyme 4). Ils sont dénommés comme chantres ou organista, maîtres d’organum. La voix organale devient virtuose. Dans l’organum, il y a la voix grégorienne (VG) et la voix organale (VO) où sont les ornements et les mélismes. A ND, on va enrichir cette polyphonie avec de nouvelles techniques. Il y a des polyphonies à trois ou quatre voix. A deux voix, le rythme est à peu près libre, la VO est soliste, « dirige » ceux qui chantent la VG. A trois ou quatre, il faut organiser le rythme; il n’est plus libre et non mesuré. On définit alors des modes rythmiques.

1

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3

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Publié dans MUSICOLOGIE

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