Claude DEBUSSY, Prélude à l'après-midi d'un faune
Claude DEBUSSY (1862 – 1918)
Prélude à l’Après-midi d’un faune

L’oeuvre
Cette œuvre ouvre le 20ème siècle même si sa date appartient au 19ème siècle.
Parallèle instantané : Mallarmé / Cézanne / Debussy, à la racine de toute modernité : il faut rêver sa révolution et pas seulement la construire. Debussy est pour « l’alchimie sonore » et est contre « la science de cantor ». ennemi juré de d’Indy, directeur de la schola cantorum . Debussy n’est pas un pas un pur produit du Conservatoire : dans sa musique, Debussy impose la mouvance, l’instant. Il refuse les hiérarchies harmoniques préexistantes. Quant à l’écriture rythmique, elle est basée sur la mouvance. Recherche du timbre qui modifie la sonorité de tout l’orchestre, de la voix, du piano. Il rompt un cercle d’enfermement qu’est l’occident : choc de l’exposition universelle de 1889 : « ce n’est pas la nourriture qui compte, c’est l’appétit » : échelles sonores, pouvoir acoustique des instruments, structures rythmiques ( monotonie occidentale de la mesure), tout est inouï. Il y a une tendance à détruire l’organisation formelle préexistante à l’œuvre chez Debussy, mais aussi chez Webern. Ils on recours à la beauté du son pour lui-même. Selon Boulez : « une même elliptique pulvérisation du langage ».
Première audition : 22 décembre 1894, à la Société Nationale sous la direction de Gustave Doret. « succès si vif qu’il dut bisser l’ouvrage ». Audace beaucoup plus grande que le quatuor à cordes. « La flûte du faune instaure une respiration naturelle de l’art musical », selon Boulez.
L’orchestre est classique mais : 3 flûtes, 2 clarinettes en la, 2 hautbois, 1 cor anglais, 2 bassons, 4 cors en fa, 2 harpes, des crotales, un quintette à corde qui aura tendance à se démultiplier avec le pupitres divisés, sourdines, jeu sur la touche, pizz., trémolos, gourmandise sonore.
Le plan
Le plan est relativement classique :
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Exposition 1 13
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Développement double barre p15
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Passage central 8
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Autre développement 10
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Ré exposition 12
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Coda
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Thème A proposé à la flûte. Puis plusieurs expositions de A à des tonalités différentes, noyé par des accords larges. MiM, deuxième exposition en réM (1), troisième exposition en miM (2), quatrième exposition en laM (avant 3). Il pulvérise la tonalité, le début n’étant pas harmonisé. A la quatrième exposition, le thème présente une augmentation rythmique.
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Développement en trois parties. Dans la première partie, accords harmonisés grâce à la gamme par ton (mode à transposition limitée).
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Partie centrale : nouvel élément thématique en rébM joué à des octaves différentes.
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Réexposition : plus nourrie, annoncée par le crotale. Deux violons soli à l’octave. Combinaison flûte et violoncelle solo.
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Dissolution de tous les éléments musicaux :
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harmoniques : pédale, immobilité
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rythmiques
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bribes de fragments musicaux qui surnagent : deux cors + violons 2 qui donnent des accords parallèles.
Conclusion
Cette œuvre reste classique par le procédé de la variation, du développement, mais là, l’expressivité est sans cesse souple et mobile. Délicatesse, sûreté, goût prodigieux. Instruments de prédilection : flûte, cor, harpe. Quand il écrit pour les cuivres, c’est avec une grande légèreté. Debussy fait éclater le concept de forme musicale, crée la forme ouverte. La modernité de Debussy, c’est le temps musical, sa singularité.
« Le faune, c’est un berger qui joue de la flûte le cul dans l’herbe ». Claude Debussy