Dizzy Gillespie All Star Big Band à la Salle Pleyel

Publié le par stephen0711

J'AI VU LE DIZZY GILLESPIE ALL STAR BIG BAND, CETTE SOIREE PLUVIEUSE DU 2 DECEMBRE 2006 A LA SALLE PLEYEL

Je n'ai qu'un mot à la bouche : SWING !

Tous les musiciens ont bien répondu à la phrase de Monk : "si tu swingues, swingues plus !". Un vrai show à l'américaine où tout est calculé et fait croire à l'auditeur que rien n'est prévu. Les arrangements de Diz ou de Slide cohabitent en harmonie avec ceux du batteur Dennis Mackrell. Les solos des jeunes Roy Hargrove et Antonio Hart font vivre tant de phrases aussi bien bebop que très modernes. Les hommages mérités au son du jazz des années cinquante avec James Moody et Slide Hampton.
Bon un petit bémol que j'adresse au public de la salle Pleyel, apparemment vierge de toute écoute du jazz, qui se mettait à applaudir alors que certains morceaux n'étaient pas finis, n'ont même pas remarqué les clins d'oeil à la France (Marseillaise dans un chorus, You must Believe in Spring de Michel Legrand en cadence). Mais j'ai vraiment passé un très bon moment.Je vous renvois à l'article de Stéphane Ollivier dans la rubrique JAZZ pour plus de détails, d'histoires à propos du Big Band de feue Dizzy Gillespie. Depuis que la salle Pleyel s'est refaite une santé, les stars viennent toutes tester l'acoustique ! Et le jazz est aussi de la partie. Rendez-vous compte : un orchestre où se cotoient la fougue de Roy Hargrove et l'experience de James Moody, la virtuosité de Randy Brecker et le lyrisme de Slide Hampton ... l'histoire du jazz avait rendez-vous Salle Pleyel !


Le personnel :
Slide Hampton : trombone, direction
Roberta Gambarini : voix
James Moody : saxophone, flûte
Frank Wess : saxophone, flûte
Antonio Hart : saxophone, flûte
Frank Basile : saxophone
Andres Boiarsky : saxophone
Roy Hargrove : trompette
Randy Brecker : trompette
Claudio Roditi : trompette
Frank Greene : trompette
Greg Gisbert : trompette
Steve Davis : trombone
Jason Jackson : trombone
Jay Ashby : trombone
Doug Purviance : trombone basse
Eric Gunnison : piano
John Lee : basse
Dennis Mackrel : batterie

Au programme ce soir (d'après ce que j'ai compris ... car mes capacités de compréhension de l'anglais ne sont pas terribles) ...

Premier Set :

1. Un morceau de Tadd Dameron sur un arrangement de Dennis Mackrel
2. Con Alma
3. Un morceau de Dizzy Gillespie
4. One Bass Hit
5. Off Minor (Monk)
6. Stardust
7. Moody's Groove (Jimmy Heath)
8. Manteca

Deuxième Set :

1. Dizzy's Business
2. I Mean You (Monk)
3. I Remember Clifford (un moment très poignant avec Roy Hargrove au bugle)
4. Without You No Me (?)
5. Manha Di Carnaval (Black Orpheus)
6. Blue n' Boogie
7. Un morceau de Dizzy Gillespie
8. Night in Tunisia

Et pour vous, en cadeau, le petit mot de la Salle Pleyel ...

Dizzy Gillespie – est-il besoin de le rappeler ? – fut l’un des inventeurs du be-bop, ce style nouveau qui, avec Charlie Parker, Thelonious Monk, Kenny Clarke et quelques autres, révolutionna le jazz dans les années 40, à New York. Le Dizzy Gillespie All Star Big Band s’est formé en 1998 pour rendre hommage au maître disparu en 1993, pour faire vivre son héritage. C’est-à-dire ses compositions dont certaines, comme A Night in Tunisia, sont devenues de véritables standards ; mais aussi ses arrangements pour orchestre, puisque Dizzy n’aura eu de cesse, sa vie durant, de fonder et de diriger de grandes formations, malgré les difficultés qu’il rencontrait. Ainsi fut-il, dès 1944, le directeur musical du big band de Billy Eckstine, avant de monter en 1945 son propre orchestre qui toutefois eut la vie courte. Qu’importe, il récidiva en 1946, avec succès cette fois, réunissant autour de lui les futurs membres du Modern Jazz Quartet (Milt Jackson, John Lewis et Kenny Clarke), des solistes comme Kenny Dorham ou le saxophoniste James Moody, ainsi que des hôtes de marque comme Ella Fitzgerald. Jusqu’en 1950, les plus grands jazzmen se succédèrent aux différents pupitres, de John Coltrane à Jimmy Heath. Les problèmes financiers mirent ensuite fin à l’aventure, dont il reste de merveilleux enregistrements, comme Cubana Be/Cubana Bop, une tentative de fusion entre le jazz et les rythmes afro-cubains. C’est ainsi que la brillante carrière de l’homme à la trompette coudée et aux joues gonflées fut une alternance entre les petites formations dans les clubs new-yorkais (le célèbre Birdland, notamment) et le rêve, souvent éphémère, du grand orchestre. Avec le Dizzy Gillespie All Star Big Band, ce rêve, pour un temps, est devenu réalité. Il réunit les plus grands solistes de la scène jazzistique actuelle, comme Roy Hargrove ou Randy Brecker, ainsi que d’anciens compagnons de route de Dizzy lui-même. À commencer par Slide Hampton, l’actuel directeur musical, qui fit partie du big band de Gillespie à la fin des années 50, avant de diriger d’autres orchestres, notamment pour accompagner des chanteurs de rhythm’n’blues et des artistes Motown comme The Supremes... Nombre d’arrangements joués par l’orchestre sont « authentiques » (vintage, disent-ils en anglais) : ils furent écrits pour les formations de Dizzy, par lui-même ou par Quincy Jones, Tadd Dameron, Lalo Schifrin et Benny Golson, depuis les années 1940 et 1950. D’autres, dus à Jimmy Heath ou à Slide Hampton, sont de facture plus récente. Toujours, ils prennent vie au fil des improvisations qui, quant à elles, sont bel et bien pensées au présent.

Publié dans CONCERTS

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