Riccardo Del Fra, Biographie

Publié le par stephen0711

Riccardo Del Fra

Biographie


L’Italie

Riccardo Del Fra commence la musique très tôt avec une guitare, qu’il troque contre une basse électrique pour, finalement, choisir définitivement la contrebasse à 17 ans. Il mène des études de sociologie et d’anthropologie à l’université de Rome et, en parallèle, parfait ses études musicales au conservatoire de Frosinone,Franco Petracchi et Franco Noto sont ses professeurs. Très rapidement, il participe aux concerts jazz et aux enregistrements de l’Orchestre de la RAI (Radio Télévision italienne) de Rome qui lui ouvre ses portes. Il a également l’occasion de participer aux enregistrements de nombreuses musiques de films dont La cité des femmes de Federico Fellini (musique de Louis Bacalov) ; La peau de Liliana Cavani (musique de Lalo Schifrin) et d’autres signées d’Ennio Moricone, de Piero Umiliani, de Gianni Ferrio, etc.

Il se produit avec diverses formations de musiciens italiens (entre autres le pianiste Enrico Pieranunzi, le batteur, Roberto Gatto, le saxophoniste Maurizio Gianmarco, le trompettiste Oscar Valdambrini, le tromboniste Dino Piana), accompagne des jazzmen américains de passage en Italie d’abord, puis un peu partout en Europe, au Japon, aux Etats-Unis, au Canada, au Mexique, en Afrique, en Russie et dans les ex-pays de l’Est.   De plus en plus demandé, il accompagne un grand nombre de solistes de jazz (Art Farmer, Dizzy Gillespie, Art Blakey, Sonny Stitt, James Moody, Lee Konitz, Tommy Flanagan, Kai Winding, Clifford Jordan, Horace Parlan, Joe Diorio, Kenny Wheeler, Paul Motian, Dave Liebman, etc.) et est le contrebassiste titulaire de divers groupes (Barney Wilen, Bob Brookmeyer, Johnny Griffin, Toots Thielemans, Michel Herr, Charles Loos etc.).

 

Fin 1979, il joue à Rome avec le trompettiste Chet Baker*. Rencontre décisive, puisqu’il va l’accompagner neuf ans durant, en Europe, au Japon, pour de longues tournées, des radios, des télévisions. De cette collaboration, naîtront douze disques, des vidéos et le fi lm Chet’s romance de Bertrand Fèvre. De Chet Baker, Riccardo dit : «Il a infl uencé ma manière de jouer et d’écrire. De la qualité du son, dans la rondeur et avec un très léger vibrato dans le sustain, à une relation renouvelée, directe avec la vocalité dans tout geste instrumental ; de la recherche de construction de longues phrases traversant les harmonies, à une pensée quasi constante à la respiration et au silence».

 

La France

Au début des années 80, installation à Paris, où il fait alors partie d’une section rythmique très active avec le pianiste Alain Jean-Marie et le batteur Al Levitt, tout en continuant à jouer avec Chet Baker et le pianiste Michel Graillier.

En 1989, Riccardo Del Fra dédie à Chet Baker, disparu en mai 88, son disque A sip of your touch*, une série de duos avec Art Farmer*, Dave Liebman*, Enrico Pieranunzi, Rachel Gould et Michel Graillier (Grand prix Fnac 1989). « Ce fut à la fois pour l’urgence de fixer mon jeu et mes sentiments de l’époque – dix ans de voyages, de rencontres, d’histoires pour moi assez extraordinaires, mais aussi de déracinement, de solitude, de moments diffi ciles, jusqu’à la mortde Chet – et en même temps pour clore une période, ouvrir de nouvelles pages. C’est là que j’ai commencé à travailler la composition, l’analyse, l’orchestration ».

 

La composition, les « rencontres » musicales

Dans les années 90 le tromboniste et compositeur Bob Brookmeyer*, dont il a suivi les classes de composition à Cologne, l’invite à faire partie de son quartet. Ils tourneront ensemble et enregistreront le CD Paris Suite (Prix de l’Académie du Jazz en 1994).

Musicien de jazz, mais pas seulement ! Eclectique et sans a priori, Riccardo Del Fra l’est et le revendique. Il fait des incursions dans la musique contemporaine : «Je peux aimer Charlie Parker autant que Gustav Mahler... Ornette Coleman, comme Ligeti... J’ai toujours été très sensible à Debussy, très touché par Berg, Dutilleux...Lorsque j’ai découvert la musique de Toru Takemitsu, j’ai reçu un véritable choc et j’ai commencé à acheter beaucoup d’enregistrements de ses compositions, des partitions... Et là, imaginez la surprise et la joie que j’ai ressenties quand l’Ensemble 2e2m de Paul Mefano a fait appel à moi pour une série de concerts et pour un enregistrement de ses musiques».

 

En 1992, Il compose Silent call, une pièce pour orchestre à cordes et quartet de jazz avec le saxophoniste François Jeanneau pour le Paris Jazz Festival ; Vision d’ailes, une suite pour quatuor à cordes et contrebasse en 1993 (Festival de jazz de la Villette), Inner Galaxy* pour ensemble de violoncelles, sax ténor et contrebasse pour le Festival des Flandres ; Aux Fontaines du Temple pour solistes de jazz et orchestre de chambre (Orchestre du Conservatoire de Metz) en 1996.

En 1996, c’est à la musique traditionnelle qu’il mêle ses cordes. La rencontre avec la chanteuse bretonne Annie Ebrel donnera vie à un duo très particulier et une création au Théâtre de Quimper, Douar Glizh, puis l’enregistrement du CD Voulouz Loar - Velluto di Luna*, Choc du Monde de la Musique et Diapason d’or de l’année 1999. En 2001, le duo s’est entouré d’invités : Paolo Fresu à la trompette et au bugle, Laurent Dehors aux clarinettes, Kuljit Bhamra aux tabla et Jean-Luc Landsweerdt aux percussions, pour créer Flouradenn* à Paris, au Théâtre des Abbesses (Théâtre de la Ville). Du spectacle est né un groupe. Après avoir joué à nouveau à Paris et en province au printemps 2002, il a tourné également en 2003 (un régional tour pour l’Europa Jazz Festival du Mans, Chalon en Champagne, Espace Glenmor de Carhaix, nouveau Grand Théâtre de Lorient).

Le duo est régulièrement invité dans des festivals de jazz et de musiques actuelles (entre autres: festival de Jazz de Grenoble 2004, Una striscia di terra feconda 2004 à Rome, Django d’Or 2004 à Paris, festival Les Suds à Arles, Jazz à Junas, à la Cité de la Musique et au Cri du Port à Marseille, Lyon, Nantes, Toulouse, au Festival de Québec, à celui des Vieilles Charrues de Carhaix, Moscou, Poznan, Zurich, Genève, Turin, Nuoro...) et tout récemment à la Maison de la Culture d’Amiens et en Norvège pour le Vossa Jazz Festival.

 

 Le cinéma

Si la musique est entrée très tôt dans la vie de Riccardo Del Fra, le cinéma a également nourri son enfance : «Ma mère adorait le cinéma et beaucoup de ses musiques...et dans les années 60, la télé italienne passait un nombre incroyable de fi lms dès 11 heures du matin, sur trois chaînes... On se préparait, on attendait, c’était comme un rituel.». Devenu musicien, il a participé à des enregistrements de musiques de films et non des moindres : «Comment oublier celui de la musique de Louis Bacalov pour La Cité des femmes... Fellini était là, dans le studio, et il supervisait, pas loin de moi et de ma contrebasse, le travail du compositeur qui succédait à Nino Rota...». Depuis plusieurs années, il compose à son tour pour le cinéma, et particulièrement pour le cinéaste acteur-réalisateur belge Lucas Belvaux. «La rencontre avec Lucas a été extrêmement importante aussi pour la réflexion sur la dramaturgie du geste musical».

Il a écrit la musique de ses films pour le cinéma depuis Pour rire* avec Ornella Muti et Jean-Pierre Léaud,(1996) ; la Trilogie* : Un couple épatant - Cavale - Après la vie, avec les trois couples : Ornella Muti et François Morel, Catherine Frot et Lucas Belvaux, Dominique Blanc et Gilbert Melki, (2002) ou pour la télévision Mère de toxico avec Valérie Mairesse et Jérémie Rénier, (2000); et bientôt, toujours pour le petit écran,            « Nature contre nature » et, pour le cinéma, «  LA RAISON DU PLUS FAIBLE ».

 

L’enseignement et la transmission


En septembre 2004, Riccardo De Fra est nommé responsable du Département Jazz et Musiques Improvisées au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, où, en 1998, il avait pris la succession, comme enseignant, du contrebassiste Jean-François Jenny-Clark.

La volonté de décloisonner, le désir d’élargir les champs d’action et d’interaction sont au cœur de son travail au conservatoire (comme dans sa propre musique), où il souhaite ouvrir des fenêtres, construire des passerelles, aménager des rencontres entre « LES mondes du jazz et LES mondes du classique et du contemporain » ainsi que des collaborations avec d’autres disciplines du CNSMDP, comme la danse par exemple. Les master classes s’élargissent avec des invitations de personnalités venant d’autres horizons : le pianiste Michael Levinas a donné un cours d’analyse sur l’oeuvre pianistique de Debussy, l’organiste et professeur d’Analyse Musicale Alain Mabit est venu présenter le travail d’Olivier Messiaen (avec une analyse du 1er Mouvement du Quatuor pour la Fin du Temps) ; toujours du jazz et de la musique improvisée aussi, bien sûr, mais dans ses différentes esthétiques (Joey Baron, Enrico Rava, Alain Jean-Marie, André Villeger, Bruno Chevillon et, récemment, Archie Shepp, Barry Guy, Henri Texier, Daniel Humair, Louis Sclavis...).

Dans le cadre des « aspects pratiques du métier » sont également invités des directeurs de festivals, de structures de diffusion et des journalistes.

Pour Riccardo Del Fra « la transmission aux nouvelles générations de musiciens passe par la technique, le mode de jeu, la connaissance de l’histoire, du répertoire, certes, mais nous devons aussi savoir être à l’écoute du jeune musicien et de son potentiel pour qu’il puisse s’élever et aller au plus près de lui-même. «Le professeur» est un musicien actif, «l’élève» est un jeune collègue en devenir. J’insiste sur l’ouverture, la disponibilité et l’humilité – il faut tout à la fois savoir écouter l’autre et savoir s’écouter soi-même – mais aussi sur l’importance du “dit”et du “non-dit”, de “l’écrit” et du “non-écrit”, sur le “suggéré” et/ou le “sous-jacent” dans la conception de l’oeuvre musicale, écrite ou improvisée ».

 
Le disque Roses and Roots témoigne aussi du plaisir de travailler - mais aussi de se ressourcer - avec de jeunes musiciens, car tous (hormis Joey Baron bien sûr) sont issus du CNSM...

En 2003, il a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le ministère de la Culture et de la Communication.

Publié dans JAZZ

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Pascal 07/06/2006 14:24

J'adoooooooooooooooooooore ce contrebassiste!!! J'ai eu l'occasion de le voir en concert une paire de fois. Quel son, quel élégance dans son jeu! Un très très grand... tiens je vais me remettre le duo avec Michel Grailler... un régal!

vincent 29/05/2006 19:07

jadooooooooorrrrrrrreeeeeeee ton blog tu peut faire une bonne pub pour moi slt merci a+.