La musique à programme

Publié le par stephen0711

La musique à programme

 

I Définition

Figuralisme : procédé de composition dans lequel des figures musicales suggèrent une idée ou évoque chez l’auditeur une image un mouvement, un sentiment. Musique descriptive ¹ musique pure. Musique à programme : toute oeuvre basée sur un programme extramusical faisant appel à l’imagination : opéras, musique de scène, ballet, ouverture, poème symphonique. Poème symphonique : composition orchestrale souvent en un seul mouvement représentant un genre musical, dont l’idée d’ordre narratif, politique ou descriptif est extramusical. Qui dit programme, dit forme libre, souple mais parfois préétablie. Plein épanouissement dans la seconde moitié du 19ème siècle. Des précurseurs au 18ème (portraits ...), début 19ème (Berlioz, Beethoven) ® donner une couleur pittoresque au prétexte. Donc l’orchestration est importante. On doit le nom de musique à programme à Lizst.

II Allemagne

Franz Liszt

13 poèmes symphoniques. Riches mélodiquement et du point de vue orchestral. Entre 1850 et 1857 pour les 12 premiers, le treizième est plus tardif. Il existe une source d’inspiration dans sa musique pour piano. Il s’agit soit de fresques picturales, d’événements littéraires, soit d’événements historiques. Oeuvre souvent monothématique : forme sonate remplacée par un procédé de constante métamorphose du thème.

Þ « ce qu’on entend sur la montagne » (Hugo), « Jasso » (drame de Goethe), « les préludes » (1853, nouvelles méditations poétiques de Lamartine), « Orphée » (mythe, en 1854), « Prométhée » (1855, au départ musique de scène, puis après le p.s. ce sera une cantate. Le sous-titre « Audace, souffrance, endurance, salvation ... » il s’agit du déroulement de son p.s.), « Mazette » (1854), « bruits de fête » (1854, prélude à une pièce de Schiller), « Héroïque funèbre » (cela devait être un mouvement de symphonie dédié à Lafayette, puis aux révolutionnaires lyonnais de 1830), « Hungaria » (1856), « Hamlet » (conçu comme une ouverture à la pièce, phrase de Liszt en introduction « suspendu entre le ciel et la terre », un double thème qui traduit « to be or not to be »; en 1857), « la bataille des Huns » (1857), « les idéaux » (sur du Schiller : l’envol, le désappointement, l’activité et en conclusion l’apothéose; en 1857).

Il faut attendre 1881 pour le 13ème poème symphonique « du berceau jusqu’à la tombe ». version pour piano puis pour orchestre. On a le berceau, le combat pour l’existence, vers la tombe, le berceau de la vie future. croche pointée et deux doubles pour le symbole du berceau.

Richard Strauss

Poèmes symphoniques écrits entre 1886 et 1898. « Aus italian » sous-titré fantaisie symphonique (opus 16), « Mac Beth » (opus 23 en rém, un seul mouvement adoptant une forme sonate libre), « Don Juan » (en trois parties : le désir, la possession, le désespoir. Forme hybride entre sonate et rondeau), « mort et transfiguration » (opus 24, texte de Litter arrivé après la composition, en 1888). Strauss se défendait d’être un musicien qui écrivait uniquement à cause d’un prétexte. « Till l’espiègle » (sur une vieille légende, en 1865), « ainsi parlait Zarathoustra » (sur du Nietszshe, « nous voulons devenir des êtres éveillés et conscients »), « Don quichotte » (en 1897, forme à variations), « une vie de héros » ( en 1898 : le héros, les adversaires, la compagne, le combat, les oeuvres de paix, la retraite et son accomplissement).

 

III Russie

·      Moussorgsky : « une nuit sur le mont chauve »

·      Borodine : « dans les steppes d’Asie centrale » (1880)

·      Balakirev : « Thamar »

·      Korsakov : « Prussia » (1887)

IV Scandinavie

Sibelius, neuf poèmes symphoniques : « Saya », « la suite de Lemmunkeinen », « la fille de Pohjola » (1906, opus 49), « chevauchée nocturne et levé du soleil » (1907), « le barde », « Lvollotare », « Tapiola » (1926).

V Bohème

·      Smetana, « Richard III » (1858), « le camp de Wallenstein » (1859, sur du Schiller, opus 14), « Hakàn Jarl » (sur l’installation du christianisme en Norvège).

·      Dvoràk. Ses poèmes symphoniques sont rédigés à son retour des USA. « L’Ondin » (forme rondo), « la sorcière de midi », « le rouet d’or » (incorporation du violon solo, 1896), « la colombe sauvage » (1898), « le chant héroïque ».

VI Espagne

·      De Falla, « nuits dans les jardins d’Espagne » (sous-titré : « impressions symphoniques pour piano et orchestre », le piano est un des timbres de l’orchestre).

·      Turina, trois fresques symphoniques : « danses fantastiques », « sinfonia sevillana », « procession del Rocio »

VII Italie

·      Respighi, « les fontaines de Rome », « les pins de Rome », « les fêtes de Rome »

·      Malipiero (1882 et plus tard), « impressioni dal vero » (suite symphonique)

Conclusion

Le poème symphonique est le cadre idéal des sentiments nationalistes, pour un langage et une manipulation adroite et habile de l’orchestre Þ succès qui se prolonge au delà du 19ème siècle. C’est le genre le plus populaire de l’histoire ¹ rupture au 20ème siècle.

Publié dans MUSICOLOGIE

Commenter cet article