L'héritage, les conséquences de la révolution française sur la musique, Etienne Mehul, le théâtre Lyrique

Publié le par stephen0711

Notes prises du cours de Madame Danièle Pistone, professeur à l'Université Paris IV Sorbonne

L’héritage, les conséquences de la Révolution Française sur la musique au 19ème.               Etienne Mehul.
Le Théâtre Lyrique


 A se poser à propos d’un musicien :

- la place occupée dans l’époque.

- ce qui relève de la nouveauté et de la tradition

 

On ne parlera pas de : Adam, Le Sueur, Herold, Halevy, David, Alkan, Lecocq, Lalo, Chabrier, d’Indy, Chausson, Ducas, Charpentier, Bruneau.

Quel a été l’héritage, les conséquences de la révolution française sur la musique au 19ème siècle ?

1792 : 1ère république

1793-1794 : période difficile, les têtes tombent, pas beaucoup chez les musiciens, car peu d’engagement politique (hormis Edelmann par ex)

1795 : Directoire

1799 : Consulat : mvts réactionnaires puissants

 

annonce du plan formel :

            - aspect socio-artistique

            - aspect artistique

            - technique musicale   etc ...

On préfère le plan d’idées, entre deux et cinq parties.

            - la société, le public

            - la question musicale, l’oeuvre et l’esthétique

 

Démocratisation artistique française (disparition du mécénat). Tendance populaire avec les goguettes (supprimées en 1848) apparues en 1804 : on y entend des chansons subversives. On écrit à présent pour la masse. Les endroits populaires se multiplient et l’art sonore se démocratise (orphéon, café concert, opérette).

Emergence de véritables carrières de musicien en tant que tel : par exemple Méhul, Catel, Gossec. Les carrières deviennent officielles. Institutionnalisation à travers le conservatoire, les prix (prix de Rome créé en 1803).

Naissance du conservatoire : entreprise la plus efficace de la révolution. Les maîtrises qui formaient les musiciens dans les églises sont supprimées. 1792 : l’Institut national deviendra le conservatoire. Toute l’Europe reprendra ce concept sur le modèle de Paris. Les premières succursales du Conservatoire apparaîtront pendant le Premier Empire : la centralisation est, en attendant, renforcée. La vie à Paris prédétermine la carrière. De plus, l’enseignement privé est encouragé : école de Choron, école de Niedermeyer, scola de Rome.

 

La révolution privilégie vents et masses chorales. Développement des instruments à vents. La symphonie funèbre de Berlioz (1840) est l’héritière de cette époque. Le chant a rétrogradé en France pendant les révolution. L’Empire et la Monarchie vont restaurer l’opéra. Les pièces sont de circonstances, à l’idéologie forte, aux idées révolutionnaires avant cette restauration. Il n’y a pas de progrès dans le chant sinon. L’époque révolutionnaire (Offrande à la liberté, 1792 : dramatisation de la Marseillaise par Gossec), recherche le spectacle et l’effet. Même Berlioz (élève de Le Sueur réorchestrera la Marseillaise). ¼ des orgues français ont été perdus, les églises servant d’entrepôt. Difficultés pour les facteurs, ralentissement de la création pendant l’époque romantique : les techniques allemandes vont se répandre en France.

 

La protection des droits d’auteurs, antérieure à la révolution (Beaumarchais), se développe. (SACD, protection pendant 10 ans). La véritable mutation date plutôt de 1851 (SACEM).

« Ah ça ira », « la carmagnole », « la Marseillaise », sont les trois chansons représentatives de la révolution. Les pièces de circonstances n’ont pas duré. S’est développé à l’époque le drame antique : chez Mehul (Horatius, Oclès, 1794). Les vertus antiques sont exaltés. Le passage d’un opéra mythologique à l’opéra historique s’affirmera. En 1807, c’est la fin de la liberté des théâtres, annulée en 1864.

 

- Jean-Rémi Julien et Jean Montgrédien : le tambour et la harpe (1991)

- Bruno Brévan : les changements de la vie musicale parisienne de 1776 à 1799. (Sociologie).


Etienne Mehul (Givet, 1763 / Paris, 1817)

NB : opéra comique = OC, opéra = O, théâtre Favart ) TF

 

Il a connu la révolution et l’empire. 

1778 : arrivée à Paris. Rencontre avec Gluck, élève d’Edelmann

1783-1788 : six sonates pour pianoforte

1790 : succès d’Euphrosine (Hoffman, OC)

1794 : Le chant du départ (paroles de Chénier) (~ Marseillaise)

1794 ca : Ouverture burlesque, sorte de parodie de 4min avec sifflets, mirlitons et crécelles.

1795 : inspecteur au conservatoire (prof. De composition); élection à l’institut (premier musicien). Compositeur très officiel.

1797 : le Jeune Henri (Bouilly, TF, ouverture descriptive célèbre de la chasse).

1799 : Ariodant (Hoffman d’après l’arioste; TF). Souci d’unité dans la construction, souci peu courant au début du 19ème. Le traitement des cordes est spécial.

1801 : L’irato (l’emporté, le coléreux) (Marsollier, OC) présenté pour Bonaparte en se faisant passer pour un compositeur italien. Bonaparte adorait l’opéra bouffe italien. Mehul voulait prouver qu’il savait s’adapter. Ce don d’orchestrateur, il va l’utiliser.

1806 : Uthal (de St Victor, OC). Pas de violons. Traitement uniquement avec des cordes graves. Révélation d’écriture notamment pour les vents.

1807 : triomphe avec Joseph (Duval, OC), prix du meilleur OC en 1810.

Il écrit des romances (comme tout le monde), des motets et des messes solennelles.

1809 : deux symphonies (en Ré et en sol). Donc préférence pour l’orchestre. Pour le piano, aucun concerto.

 

Le théâtre lyrique. Avec en 1792, Stratonice (Hoffman, TF). L’attention est portée sur le drame, et l’unité du drame (tradition héritée de Gluck).

Extrait : Air. Antiochus pense à la belle mère inaccessible.

Ecriture orchestrale soignée, très raffinée. Tout est fait pour le texte.

 

On peut dire qu’il a honoré le genre de la symphonie. En quatre mouvement avec un minuetto (évoluant déjà vers le scherzo).

Extrait : symphonie en sol. Début 1er mouvement, début 2ème mouvement, début du 4ème mouvement.

On observe des cellules répétées dans les symphonies, mais aussi dans les oeuvres lyriques.

 

CONCLUSION : Mehul, première belle carrière officielle de l’époque. Il adopte Gluck (théâtre lyrique) et Haydn (symphonie), et sait s’adapter (musique italienne). Compositeur révolutionnaire aux bases classiques, aux préoccupations préromantiques.


Le Théâtre Lyrique

L’opéra

Le retour rapide à l’opéra prouve son influence sociale. Pour paraître dans la société, il faut sa loge à l’opéra. Il triomphe par rapport à la musique instrumentale même si cette dernière se développe énormément au 19ème. On s’attache beaucoup au spectacle, aux machines : héritage de la recherche de l’effet révolutionnaire.

Les sources d’inspiration

Le début du siècle privilégie les sujets historiques : Robert le Diable (Meyerber, 1831), Les Huguenots (Meyerber, 1836). Sous influence Wagnérienne, on va vers des sujets légendaires, aussi grâce à un passage au naturalisme français (¹ opéra vériste italien : excès des passions) : préoccupations sociales : Le rêve (Bruneau, 1891, d’après Zola). Des ouvriers sont mis en scène : Louise (Charpentier, 1900, roman musical). L’évolution est considérable dans les livrets et les sources d’inspiration.

Du point de vue du style

Influence du style italien (Rossini), puis à la fin du siècle, influence de Wagner. Au milieu du siècle, influence française (Gounod, Bizet).

Extrait : Faust, Gounod (1859). Acte III « salut demeure chaste et pur ».

Ecriture de l’opéra dite en demi-caractère, il n’y a pas d’excès.

L’écriture

La prise d’importance des voix graves au cours du siècle. Passage de l’opéra à numéro séparé (ouverture, choeur, duo ...) vers une structure continue (Wagner). La fin de l’ouverture est la fin d’un rite social, on préfère le prélude, la petite introduction. Petit à petit, on passe d’un schéma en cinq actes, à un schéma en trois actes.

L’opéra français

Il n’adopte pas le principe de réunir l’opéra pour une saison. La saison est un concept italien. Il y a un théâtre permanent, avec une troupe à effectif permanent : les choeurs et ballets sont très présents à Paris (¹ autres pays).

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